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« Traces »

Musée Ianchelevici
Place communale, 2 – 7100 La Louvière

28 janvier – 17 mars 2012

L'exposition

L’exposition Traces s’inscrit dans le programme de rénovation du centre urbain de La Louvière.
Quatre projets d’œuvre d’art ont été retenus pour s’intégrer aux aménagements du Boulevard Mairaux et des rues de la Loi, Paul Leduc et Kéramis. Leurs auteurs sont : Michel François, Anne Jones, Émile Desmedt et le tandem Lucile Soufflet – Bernard Gigounon.

Dans la perspective de cette mise en valeur de l’art contemporain dans la ville, le musée Ianchelevici consacre cette exposition à trois de ces artistes : Émile Desmedt, Michel François et Anne Jones.
L’exposition permet de découvrir d’autres facettes du travail des artistes présents en ville et à se familiariser avec leur
langage.

Pourquoi avoir intitulé l’exposition Traces ?

Tout d’abord, des traces sont et seront laissées à La Louvière qui connaît actuellement une profonde mutation de son centre-ville. Ces artistes laisseront des traces dans la ville. Traces d’une réflexion. Sur une ville. Sur son passé. Sur ses habitants.

Par ailleurs, cette notion de trace, fort présente dans les démarches plastiques contemporaines, est très vite apparue comme le dénominateur commun de ces 3 artistes aux démarches artistiques forts différentes.
Chacun développe l’idée de trace avec beaucoup de variantes. Il s’agira de traces aléatoires du geste technique posé par Émile Desmedt ; de traces captées dans la vivacité de l’instant ou laissées par l’objet que Michel François met en scène ; de traces du passé et de mémoire enfouie dans la matière chez Anne Jones.

L’exposition revient sur les œuvres d’art qui seront placées en ville. Des panneaux didactiques les présentent, donnent à imaginer ce qu’elles seront et permettent de comprendre le lien intime qui les relie à l’histoire de la ville.

 

Parcours commenté de l'exposition

Salle 1

Cône de métal, 2007.

Anne Jones associe l’ardoise au métal dont la rouille souligne les gris bleutés de là roche.
La sculpture offre un dialogue entre le contenant lisse, parfait et la faille de schiste dense et brute. Ce feuilleté est construit au moyen d’un grand nombre de lames d’ardoises, assemblées, pressées les unes contre les autres. Seuls les
chants additionnés restent visibles, laissant percevoir les multiples variations et vibrations de la structure en feuilles du matériau. Au delà de la figure géométrique parfaite, ce cône renvoie d’instinct à une sorte de forme initiale pouvant faire songer à quelques spirales fossilisée aux origines de la vie. L’œuvre a été conçue pour l’extérieur.

Imago,  6 – de Émile Desmedt.

lnk revenge –  de Michel François.

Salle 2

Contamination, 2006 – de Michel François.

Moon, 2007 et Imago, 2002 – de Émile Desmedt.

Salle 3 le hall d'entrée

Les Fagots d’ardoises, 2008 et la Frise d’ardoises, 2008 sont typiques du travail de Anne Jones. L’artiste a pour habitude de travailler l’ardoise depuis 1994. Elle utilise le chant de l’ardoise et non sa face. Cubes, sphères aux formes
géométriques parfaites ou fagots irréguliers ne sont pas à proprement parler sculptés, mais construits au moyen d’un grand nombre d’ardoises assemblées qui se découpent dans la lumière. 

Après des études de dessin à l’Académie de 1976 à 1982, Anne Jones se tourne vers la sculpture. Son travail est basé sur l’étude d’une forme simple, le triangle.
Depuis 1984, ses travaux sont exposés en galeries et dans des lieux institutionnels tels que musées, centres d’art, etc. tant en Belgique qu’à l’étranger.
Parallèlement à son travail d’atelier, Anne Jones réalise depuis 1998 de nombreuses commandes privées et publiques.
Parmi ces dernières on peut citer les « Arbres de Vie » pour la Ville de La Louvière (en cours de réalisation), le « Carré d’ardoises » pour le musée F. Rops à Namur, la « Boîte noire » pour le centre culturel de Perwez, les « Stances d’ardoises » pour l’UCL à Louvain-la-Neuve ou « De bambous et d’ardoises » pour l’hôpital d’Ottignies.

Salle 4

Le Carré magique, 2009, de Anne Jones est formé de 9 sphères. Chaque sphère est matérialisée par des feuilles d’ardoise concentriques comme autant de rubans texturés. Posées à même le sol, ces formes à la fois archaïques et audacieuses maintiennent une tension maximale, immobiles malgré leur rondeur plus propice au mouvement perpétuel.

Salle 5

Écran (argile), 2012 – de Michel François

Salle 6

Cette salle est consacrée à ce que Anne Jones nomme ses
Souffles d’ardoise.
Ce travail lui a été inspiré alors qu’elle se trouvait en carrière pour obtenir des blocs de schiste dont elle avait besoin. La scie à eau qui découpait le bloc de
schiste projetait une eau chargée de poussière d’ardoise. Fascinée par ce spectacle, l’artiste est revenue le lendemain avec des papiers pour aquarelles qu’elle trempa dans cette eau chargée jusqu’à ce que l’imprégnation lui semble suffisante. De retour à l’atelier et une fois les papiers séchés, elle s’est rendue compte que la poussière d’ardoise, fixée sur le papier, donnait à voir des paysages de brumes, de montagnes, de mers agitées,… semblables à certaines œuvres chinoises anciennes.
En disposant côte à côte ardoises et papiers« imprimés », apparaissait une étrange filiation : les tracés, les reliefs,
l’alternance de plages claires ou foncées semblaient se poursuivre du papier à l’ardoise et inversement, comme un
étonnant écho visuel.

Anne Jones ou la Trace, témoin du temps

Anne Jones voit dans la notion de trace une mémoire de la vie, ce qui subsiste du vivant.
Biologiste de formation, l’artiste s’émerveille des traces de vie inhérentes à la matière.
Elle se tourne très vite vers l’ardoise qui devient, dès 1994, son matériau de prédilection.
Cette roche, formée à partir de sédiments, (dépôts d’érosion et de dégradation du vivant), témoigne, rapporté à l’humain, de cycles tirant à l’infini. Elle porte la trace du temps et des mystères de la nature.

Dans le travail d’Anne Jones, l’idée de trace en tant que marquage de la matière est étrangère.
S’imposer au matériau, le graver, l’inciser n’a jamais été la préoccupation de l’artiste.
Elle se plaît au contraire, par un regard interrogatif posé sur lui, à le révéler: choisir, assembler des fragments d’ardoises pour donner à voir une lecture très personnelle des mille “vies” de ce matériau d’apparence humble, sans prétention.
Mais au-delà de l’intériorité de la matière à révéler, il y a l’autre préoccupation, celle de la deuxième chance. Façonner un matériau de rebut, d’anciennes ardoises de toitures, pour lui redonner une valeur qu’on ne lui accorde plus, est aussi une manière de conserver une mémoire, celle du temps et de l’histoire des hommes.
La trace est ici la résurgence d’un passé par la matière interposée.

Dans les Souffles d’ardoise, Anne Jones se plaît à recueillir la poussière de schiste
comme autant de traces de l’indicible. Ce nouveau travail lui a été inspiré alors qu’elle se trouvait en carrière pour obtenir des blocs de schiste dont elle avait besoin. La scie à eau, découpant le bloc de schiste, projetait une eau chargée de poussière d’ardoise. Fascinée par ce spectacle, elle est revenue le lendemain avec des papiers aquarelles qu’elle trempa dans cette eau chargée jusqu’à ce que l’imprégnation lui semble suffisante. De retour à l’atelier et une fois les papiers séchés, le choc a eu lieu: la poussière d’ardoise, fixée sur le papier, donnait à voir des paysages de brumes, de montagnes, de mers agitées,… semblables à certaines œuvres chinoises anciennes.
En disposant côte à côte ardoises et papiers« imprimés», apparaissait une étrange filiation: les tracés, les reliefs, l’alternance de plages claires ou foncées semblaient se poursuivre du papier à l’ardoise et inversement, comme un étonnant écho visuel.
La matière aurait-elle de la mémoire ?
Tel que pour nous, êtres humains qui détenons une part de nos ancêtres, cette réminiscence de l’ancestralité jouerait-elle aussi pour l’ardoise ?
La mémoire de la matière se prolongerait-elle aussi au-delà d’elle-même ?

Dans les Arbres de vie qu’Anne Jones propose pour la rue de La Loi, l’artiste synthétise la forêt sur laquelle était jadis bâtie La Louvière. L’arbre, réduit à un fût d’acier, rend hommage à l’histoire humaine qui a façonné la ville. Fendus en leur verticalité, les 6 fûts contiennent les traces de son passé industriel : rondins de bois, tessons de briques et de céramiques, pièces métalliques usinées. La trace est vestige d’une époque.

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