Traduction Google - Soyez indulgents !

Galerie Monos
rue Henri Blès, 39  –  4000  Liège

17 mars – 27 avril 2008

Par Roger Pierre Turine

La Libre Belgique – 9 avril 2008

Trois individualités réunies
pour un bel
"éloge de la matière"

André Romus, Anne Jones, Jacky Lecouturier

Peinture, sculpture et photographie

André Romus fut un excellent journaliste de la RTBF-Liège et nous nous souvenons de quelques-unes de ses “rencontres” de haut niveau, avec Pierre Soulages notamment. Heureusement pour lui, l’homme de bien n’avait pas cette seule flèche à son arc et c’est en peinture que nous le retrouvons désormais, au meilleur de lui-même.  Citant Rimbaud, “Le poète va vers l’inconnu“, Romus est de ces artistes pour qui la création tient en effet de l’exceptionnel. C’est envahi d’incertitude que l’artiste avance pas à pas. Abstrait, son art est fait de failles, de reliefs, de fractures. Toiles et panneaux de bois gorgés de sève, entendez de peinture -quartz et pigments – étalée goulûment avec ses rétentions, ses encombrements de matière : l’art de Romus est l’expression d’un individu en quête de connaissance. Voyant, le peintre, comme le poète, tente d’exprimer ce qu’il ressent, qu’aucun autre que lui ne pourrait expliciter : sa réalité. Laquelle n’est jamais le monde extérieur. Se méfiant absolument de trop de séduction, Romus préfère les matières aux couleurs. Ces matières qui diversifient la planéité de ses toiles respectives, qui les font vivre en communion avec ces gris, ces bruns, ces ocres ou ces verts plus rares, qu’il nous distille comme autant d’arrêts sur un temps qui, pour lui, n’est évidemment jamais quelconque. D’où leurs vibrations.

Les peintures de Romus se marient bien aux propositions sculpturales d’Anne Jones.
Aux déclinaisons que celle-ci imprime aux ardoises, qu’elle tranche, qu’elle assemble, qu’elle lie, met en tas, façonne en boules, en cubes, en frises … Et jusqu’à en retenir des souffles … d’ardoise, des poussières.
Vibrations encore.

Et vibrations toujours quand le troisième larron, Jacky Lecouturier apporte sa petite note à lui. Le photographe s’est mué en complice de matières sculpturales soudain reconverties aux deux dimensions.

Triple regard choisi. 

Par Anne Hustache

Arts Antiques Auctions – avril 2008

Dans le creux

Quelle belle rencontre nous procure cette exposition ! Les sculptures récentes d’Anne Jones, les peintures abstraites d’André Romus et les photos de Jacky Lecouturier. ..

Trois artistes qui ont en commun une attention particulière aux textures et à l’ombre se jouant dans les creux. Citons pour preuve : « C’est le moment où s’ouvre l’antre creusé par ce qui nous regarde dans ce que nous voyons ». Cette phrase de Georges Didi Huberman illumine à bon escient l’annonce de cette exposition.

Depuis plusieurs années maintenant, Anne Jones travaille les feuilles d’ardoises qu’elle assemble en une forme parfaite, comme par exemple les sphères.
Les strates composées par la matière confèrent de subtils jeux d’ombre à l’œuvre qui trouve ainsi sa singularité au sein de ses consœurs multipliées.

Jacky Lecouturier consacre une partie de sa démarche à photographier certaines œuvres d’art dont celles d’Anne Jones. Car le photographe est aussi passionné par la pierre, thème qu’il a abordé au travers de plusieurs séries. L’œuvre d’art est une autre manière de traiter la pierre, lorsqu’elle apparaît dans une autre mise en forme que celle de la nature.